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Grèce : qu’y a-t-il sur la table des négociations ?

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’est réuni hier avec la direction de Syriza, pour faire le point des négociations avec brucelles.

Après le refus par Athènes de la proposition d’accord formulée par 
les créanciers, le gouvernement Tsipras soumet un nouveau document.
Une offre politique jugée « insuffisante » par des responsables européens.

Martin Schulz est passé maître dans l’art de retourner les situations. Dans la bataille serrée engagée entre le gouvernement grec et ses bailleurs (FMI et Union européenne), le président du Parlement européen tente tant bien que mal de paraître disposé à un compromis. Ainsi, après le refus par le gouvernement grec de la proposition d’accord en cinq pages soumis par les créanciers, la semaine dernière, Martin Schulz assure que « l’Union européenne est prête à aller très loin pour trouver un compromis avec le gouvernement grec. Je ne peux que mettre en garde le gouvernement grec (…) contre le fait de refuser à nouveau la main tendue. Le temps file et les conséquences en seraient dramatiques ». Or Bruxelles n’a visiblement tenu aucun compte de la proposition d’accord global en 47 pages formulée par Athènes, qui reprenait les termes de plusieurs mois de négociations tendues et laissait la place aux concessions sur le plan fiscal et budgétaire. La proposition constituait, en ce sens, une « base réaliste permettant de parvenir à un accord qui respecterait le mandat populaire du 25 janvier et les règles communes régissant l’union monétaire », selon le premier ministre Alexis Tsipras.

Le ministre d’État Nikos Pappas et le chef de file des négociations politiques Euclide Tsakalotos se sont rendus lundi à Bruxelles afin de s’entretenir avec le commissaire européen chargé des affaires économiques, Pierre Moscovici. Pour la Grèce, toute possibilité d’accord est désormais liée aux excédents primaires faibles « afin que le pays puisse briser le cercle vicieux de l’austérité et qu’il récupère le contrôle budgétaire nécessaire », explique une note gouvernementale. Après les concessions consenties, Athènes refuse de nouvelles coupes budgétaires et toute diminution de salaires et de pensions, « c’est-à-dire des mesures qui intensifieraient l’inégalité sociale et renverraient l’économie dans la spirale de la récession ». Le gouvernement exige également une restructuration de la dette publique « afin de mettre un terme au cercle vicieux des cinq dernières années où le pays était constamment contraint de contracter de nouveaux prêts afin de rembourser les précédents ». Enfin, Athènes conditionne
tout accord avec ses créanciers à un programme d’investissements « dans le 
domaine des infrastructures et des nouvelles technologies ».

Une logique de justice sociale traverse l’offre d’Athènes

Dans le même document, l’exécutif grec dresse une comparaison instructive entre son plan, celui des créanciers et le programme 2015-2018, voté par le gouvernement Samaras, dont les institutions européennes exigent l’adoption en juin et leur application immédiate à partir du 1er juillet 2015. Le temps est donc compté. La Grèce demande la baisse à 0,6 % du PIB de l’excédent primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts) pour 2015 afin de réinjecter 1,8 milliard d’euros dans l’économie réelle, « et non dans le trou noir de la dette ». Elle table sur un objectif de 3,5 % d’excédent primaire en 2018, conformément au plan des créanciers. Concernant l’augmentation de la TVA, autre nœud gordien des négociations, les créanciers tablent sur une suppression du taux réduit de 6 % en élargissant à la restauration – partie intégrante de l’activité touristique – et à l’énergie les services et les biens frappés par le taux supérieur de 23 %. Cette mesure risque d’entretenir la logique déflationniste en cours actuellement et de voir les rangs des chômeurs gonfler un peu plus. Athènes souhaite préserver un taux de 6 % pour les médicaments, de 11 % pour la restauration, l’hôtellerie, l’énergie, les aliments frais, l’eau et de 23 % pour des produits spéciaux tels que la charcuterie. À la lecture du projet proposé par Athènes, subsiste une logique de justice sociale. Outre l’absence de coupe dans les retraites, le gouvernement Tsipras demande de « lutter contre tous ceux qui ont tiré du profit pendant la période des mémorandum, – et pas seulement – afin de soulager les couches les plus modestes, les salariés et retraités », précise encore le document. Il s’agit ainsi de créer un prélèvement spécial sur les profits des grandes entreprises, d’un contrôle de l’évasion fiscale et des échanges bancaires. « Ce qui nous a été présenté n’est pas suffisant pour faire avancer le processus », a tranché un responsable européen. Bruxelles se dit disposé à un compromis, mais auquel ?

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