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Martial Passi: A45, un coût exorbitant pour la collectivité !

Un concessionnaire privé a répondu à l’appel d’offre européen lancé par l’État afin de réaliser le projet d’autoroute A45 qui doit doubler l’A47 entre Lyon et Saint-Étienne.

Le coût global de cette opération est de 1,2 milliard d’euros, avec une subvention d’équilibre de 845 millions d’euros à la charge des collectivités territoriales, soit plus de 70% du budget total.

L’État a décidé de prendre en charge 50% de cette somme, les 50% restants devraient être répartis entre les collectivités locales concernées (conseil régional, conseils généraux du nouveau Rhône et de la Loire, Métropole de Lyon et Saint-Étienne Métropole).

Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional Rhône-Alpes, a réaffirmé que la région ne participera pas au financement de l’A45.

En l’état actuel du tracé, notamment son arrivée dans l’agglomération lyonnaise, le conseil général du Rhône et le Grand Lyon avaient également refusé de prendre part au financement.

Seuls le conseil général de la Loire et Saint-Étienne Métropole pourraient décider d’investir près de 211 millions d’euros chacune.

Une contribution exorbitante qui sera extrêmement difficile à tenir en tout état de cause, eu égard aux contraintes financières des collectivités locales qui doivent faire face à une baisse sans précédent des dotations de l’État. Sans compter la mise en place d’un péage pour les usagers.

Au-delà des questions liées à la subvention d’équilibre, dont le montant ne cesse d’augmenter, la pertinence de la réalisation de cette nouvelle infrastructure autoroutière reste posée. Ce projet se heurte en effet à de nombreux obstacles et oppositions :

• L’arrivée d’une nouvelle pénétrante dans l’agglomération lyonnaise qui risque de congestionner encore plus le réseau routier et autoroutier, mais aussi le tracé de l’A45 qui va ravager un poumon vert et péri-agricole du sud-ouest de l’aire métropolitaine.

• Il met en concurrence l’A45 avec la liaison ferroviaire Saint-Étienne/Givors/Lyon, ce qui serait contreproductif pour le développement des transports en commun.

• Les concessionnaires d’autoroutes ne peuvent plus se défausser sur les collectivités territoriales, alors qu’ils bénéficient de profits très importants tirés de la gestion des autoroutes.

• Le projet de l’A45 est également en contradiction avec la nécessité de requalification de l’A47 demandée depuis des décennies par les élus locaux et les associations des territoires concernés et inscrite dans le Contrat de plan État-Région 2015/2020 concernant la traversée de Givors. Et en contradiction avec la demande d’enfouissement de l’A47 dans la traversée de Givors et la construction d’un nouveau franchissement du Rhône au sud de Givors.

• Il ne s’inscrit pas dans les objectifs de réduction de l’émission de gaz à effet de serre et de préservation de la biodiversité et des écosystèmes instaurés par le Schéma de cohérence territoriale de l’agglomération lyonnaise.

• Sur le fond, la protection du cadre de vie, de l’environnement et la préservation de notre planète implique de changer complètement de vision des choses et de repenser nos modes de déplacement.

Pour toutes ces raisons, je réaffirme mon opposition à l’A45 et ma volonté de poursuivre le développement des transports collectifs pour en faire une priorité nationale, régionale et locale, et mettre à disposition des habitants une véritable alternative au tout routier.

 

 

 

 

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