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Chômeurs de longue durée : un plan sans moyen et avec de vieilles recettes

 

Lundi soir, le ministre du Travail a présenté son plan d’action pour les demandeurs d’emploi d’un an et plus. Des mesures qui ne sont pas à la hauteur de l’ambition fixée par François Hollande.

Un plan pour les chômeurs de longue durée à base de vieilles ficelles. Lundi soir, François Rebsamen, ministre du Travail, a présenté ses vingt « nouvelles  solutions face au chômage de longue durée » pour « préserver la cohésion sociale ». Depuis la Conférence sociale de juillet dernier, François Hollande avait promis de faire de ce problème « une priorité nationale ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que le compte n’y est pas. A la place de mesures ambitieuses, on trouve beaucoup de recettes déjà vues ou pire, une nouvelle forme de culpabilisation des demandeurs d’emploi.

Pour commencer, le ministre du Travail a choisi de citer le chiffre de 1,1 million de chômeurs de longue durée tiré des statistiques du Bureau International du Travail (BIT). Alors que d’après Pôle emploi, 2,25 millions de personnes sont inscrites depuis au moins un an. Il a ensuite dégainé ses points phares. Les places de suivi renforcé des chômeurs par Pôle emploi seront doublées, passant à 460 000 d’ici 2017, et la création d’un contrat « nouvelle carrière » pour les seniors est annoncé. Mais ces propositions ne sont pas nouvelles. Un autre contrat « nouvelle chance » de 24 mois, adapté aux publics très éloignés de l'emploi est aussi dans les tuyaux.

Pour que les chômeurs bénéficient « d’un droit réel à une formation qualifiante gratuite », 220 millions d’euros du Fonds de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) seront destinés à alimenter le Compte personnel de formation des demandeurs d’emploi. Mais le ministre du travail a d’ores-et-déjà prévenu que plan serait mis en place à coûts constants. Le Snu Pôle emploi, s’interroge : « Comment les conseillers et les conseillères de Pôle emploi, déjà surchargés de travail, pourront-ils mettre en œuvre ces mesures de façon efficace et personnalisée ? Sans renforcer les effectifs, comment prospecter les entreprises pour connaître leurs besoins de recrutement et ainsi faciliter le retour à l’emploi des usagers ? »

Pour Eric Aubin, chargé des questions d’emploi à la CGT, ca ne suffira pas : « Il faut passer à la deuxième étape, François Rebsamen ne met toujours pas plus de moyens sur la table ». Et le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) estime qu’on « déshabille encore une fois de plus Pierre  pour habiller Paul. » Quant à la CFTC, elle alerte sur le fait « que ces efforts ne doivent pas se faire au détriment de l'effort porté à l'ensemble des demandeurs d'emploi, quels que soient l'âge, le sexe, le métier ».

Le ministre a mis aussi présenté des mesures d’accompagnement des chômeurs. Il propose des places de crèches prioritaires pour les demandeurs d’emploi parents isolés et un élargissement de la garantie sur les loyers. L’accompagnement des chômeurs de très longue durée chez les employeurs sent aussi le réchauffé. Après avoir annoncé un « nouveau suivi » dans l’emploi pour compléter celui de Pôle emploi, le ministre du Travail compte aussi s’appuyer sur « les mises en situation en milieu professionnel », déjà adoptées…. en mars 2014 ! La durée de cette immersion des chômeurs en entreprise reste floue et est surtout financée par Pôle emploi. Ce dispositif part du principe que ces demandeurs ont besoin d’une remise à niveau pour être employables, leur imputant la durée de leur chômage.

De son côté, le ministre a réfuté le recyclage de mesures existantes et évité de se fixer des objectifs chiffrés. « Il faut préparer le plus possible les chômeurs de longue durée à la reprise d’un emploi », a-t-il martelé. La baisse du nombre de chômeurs d’ici la fin de l’année qu’il espère s’annonce bien mal engagée.

 

 

 

 

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