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Les Espagnols manifestent en masse contre l'austérité

 

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias dans la foule lors de la manifestation à Madrid, ce samedi 31 janvier.

Véritable démonstration de force de Podemos ce samedi à Madrid. 300 000 Espagnols ont "marché pour le changement" de la place de Cibeles, à Madrid pour relier la Puerta del Sol à l'appel du parti de Pablo Iglesias, qui espère suivre l'exemple de Syriza en Grèce lors des prochaines élections législatives.

La grande "marche pour le changement" à Madrid intervient moins d'une semaine après la victoire de Syriza, dont les dirigeants ont régulièrement fait campagne aux côtés de ceux de Podemos. Issus de deux des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d'un cinquième de leur population active au chômage, Podemos et Syriza partagent le même rejet de la troïka (Banque centrale et commission européennes, Fonds monétaire international). Selon eux il faut mettre fin à l'empire de la finance internationale qui oublie l'humain et poser la question d'une restructuration de la dette.

Aux cris de "Oui, nous le pouvons!" et "tic tac tic tac", les 300 000 manifestants (selon Podemos, 1000 000 selon la police) ont rappelé au président du gouvernement conservateur Mariano Rajoy que les sondages donnent le parti de gauche Podemos ("Nous pouvons") en tête des intentions de vote en vue des élections régionales en mai et législatives à la fin de l'année. Le rassemblement de samedi est le plus grand jamais organisé par le parti issu du mouvement des "Indignés". "Le vent du changement a commencé à souffler sur l'Europe", a déclaré Pablo Iglesias, le leader du parti, devant une foule compacte réunie place de la Puerta del Sol dans le centre de Madrid, brandissant drapeaux grecs et républicains de la gauche espagnole. La foule a écouté avec ferveur Pablo Iglesias, 36 ans, et sa jeune équipe, en scandant régulièrement, poing droit levé "Si se puede, si se puede! (Oui c'est possible!)".

"Les gens en ont marre de la classe politique", a déclaré Antonia Fernandez, une retraitée de 69 ans, expliquant qu'elle votait jusqu'alors pour le Parti socialiste mais que celui-ci s'est discrédité à cause de sa gestion de la crise économique et de son soutien aux mesures d'austérité. "Si nous voulons avoir un avenir, il nous faut des emplois", a-t-elle conclu. "Je crois que le changement tant attendu, depuis si longtemps, va enfin se produire", a déclaré pleine d'espoir Blanca Salazar, une aide gériatrique de 53 ans, au chômage depuis trois ans. Elle était venue de Bilbao (nord-ouest) en voiture avec ses neveux et son mari,"qui gagne mille euros par mois dans une imprimerie". "Nous voulons changer les choses en partant de la base. J'espère que Podemos pourra changer le système", disait aussi Juan Francisco Pacheco, 47 ans, au chômage depuis deux ans.

Après sept années de crise profonde, l'Espagne est un des pays de la zone euro qui bénéficie de la croissance économique la plus soutenue mais ces bonnes statistiques ne se traduisent pas encore de manière significative sur le niveau de vie de la population, alors qu'environ un Espagnol sur quatre est au chômage. Dans ce contexte, la promesse du nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras de mettre fin à "l'humiliation et la souffrance" trouve un fort écho en Espagne.

La formation de Pablo Iglesias a bouleversé le paysage politique espagnol. Podemos qui se dit "ni de gauche ni de droite" a été fondé il y a tout juste un an à la suite du mouvement des indignés. Podemos a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, cinq députés, aux Européennes. Depuis, son ascension dans les sondages a été fulgurante, dépassant régulièrement le Parti socialiste et parfois même le Parti populaire (droite) au pouvoir, devenant théoriquement la première ou deuxième force politique.

 

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