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Le ministère confirme une CGT en tête et FO en progression

 

Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation, de la Réforme de l’état et de la Fonction Publique, devant la presse prend note des résultats. Selon les chiffres officiels, la CGT reste en tête avec 23,1 % des voix.

La CGT conserve sa place de leader, mais FO et l’Unsa montent. Si les syndicats plus offensifs restent en tête, les réformistes gagnent progressivement du terrain. Mais près d’un agent de la fonction publique sur deux n’a pas voté.

Le bouleversement de la représentativité dans la fonction publique n’a pas eu lieu. Selon les chiffres officiels, la CGT reste en tête avec 23,1 % des voix, mais recule quand même de 2,3 points si on cumule ses résultats dans les trois versants de la fonction publique (État, hôpitaux, collectivités locales). La CFDT se stabilise à 19,2 % (+ 0,1 point). Suivent ensuite les deux syndicats qui ont le plus progressé depuis les dernières élections (2011), soit FO à 18,6 % (+ 0,5 point) et l’Unsa à 10,3 % (+ 1 point). En cinquième position, la FSU affiche 8 % et Solidaires progresse à 6,8 %. Loin derrière, la CFTC a obtenu 3,3 % des votes et la CGC 2,9 %. La FGAF, qui rassemble 15 organisations syndicales indépendantes, regroupe 1,9 % des voix. Ce dernier résultat montrant une petite progression des syndicats de métiers dans tous les trois versants de la fonction publique tout en restant à la marge par rapport aux têtes d’affiche. Pour la CFDT, ce vote « confirme l’attente des agents de voir un syndicalisme réformiste les représenter », l’organisation précisant aussi qu’elle réduit l’écart avec la CGT. La FSU, elle, qui recule notamment de 5 points dans son bastion de l’éducation nationale, tire un « enseignement » : « Cela doit interroger le mouvement syndical, la manière dont il arrive ou non à faire partager ses orientations, et les pratiques syndicales qu’il met en œuvre. » Pour la fédération, « le contexte économique et social n’invite pas à la confiance et en l’espoir en l’avenir, et donc n’incite pas les personnels à participer à des élections », remarquant que près d’un fonctionnaire sur deux n’a pas participé aux élections. Pour Denis Turbet-Deloff, de Solidaires, même si le paysage syndical reste sensiblement le même, « cela montre, sur le plan politique, une progression des forces syndicales d’accompagnement et non d’un syndicalisme de combat ».

Première grande surprise, l’organisation en tête dans l’éducation nationale, la FSU, y perd donc cinq points. Même si elle conserve sa première place, à 35,5 %, ses tergiversations concernant les rythmes scolaires pourraient lui avoir coûté. La FSU perd ainsi un siège au comité technique ministériel (CTM), l’instance de négociation au ministère de l’Éducation nationale où seules les organisations ayant des élus peuvent signer des accords. FO en tire profit en récupérant ce siège et l’Unsa conserve les siens. La CGT Éduc’action garde son siège au CTM assurant ainsi sa représentativité, Mais SUD éducation perd le sien, au profit du SNALC, organisation corporatiste de droite. Des résultats qui, pour la Ferc-CGT, « révèlent une montée des courants droitiers et corporatistes, y compris dans l’éducation nationale ». « C’est un coup porté au syndicalisme porteur d’un projet d’école émancipatrice », ajoute par ailleurs le syndicat.

Dans les collectivités, la CGT reste en tête mais perd tout de même 3,5 points. « Un recul sensible, reconnaît Baptiste Talbot, secrétaire général CGT des services publics. Mais la montée de l’abstention a eu un impact important et supérieur sur la CGT. Même si nous restons de très loin la première organisation dans les collectivités territoriales, nous devons être lucides et voir que notre discours sur l’austérité, sur une réforme territoriale plus juste ne correspond pas toujours à la préoccupation immédiate de ces agents affectés par les réformes en cours. » Les agents de catégorie C se sont particulièrement abstenus, ce qui montrerait, pour le syndicaliste, « une désillusion de cette catégorie plus modeste, plus exposée à la crise ».

Dans la fonction publique d’État, FO confirme sa première place à 17 %, suivie par la FSU, 15,6 %, qui garde sa deuxième place. L’Unsa, à 14,8 %, passe devant la CFDT (14 %). Vient ensuite la CGT (13,4 %), qui perd 2,4 points. Là encore, l’abstention est pointée du doigt. Notamment dans l’enseignement privé sous contrat où le vote était exclusivement électronique : la participation y a baissé de trente points. Pour beaucoup, la désillusion des agents face à un gouvernement sourd aux revendications, qui continue la politique de droite de son prédécesseur, a joué sur un taux de participation très faible, à 52,8 %. La fonction publique hospitalière a particulièrement été touchée par ce phénomène (50,1 % de participation), mais les résultats définitifs n’étaient pas encore connus hier soir. La CGT resterait en tête, à 32,1 %, et perdrait 1,5 point. Suivraient, à 24,8 %, la CFDT (+ 0,4), puis FO, à 23,8 % (+ 1 point). Aujourd’hui, toutes les organisations syndicales ont rendez-vous avec leurs fédérations pour analyser plus finement ces résultats.

 

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