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Des riches, de plus en plus riches

 

Alors que le chômage atteint un niveau record, les inégalités se creusent et les riches se délectent de leur patrimoine sans pudeur.

Un rapport de la banque Credit suisse révèle une augmentation des millionnaires à l’échelle mondiale, ainsi que leur enrichissement soutenu. Le corollaire est une poussée des inégalités.

Certains ne connaissent décidément pas la crise. C’est en tout cas ce que montre le dernier Global Wealth Report du Credit suisse sorti hier, qui explique que « la richesse mondiale progresse plus vite que jamais ». Ce rapport révèle que, sur un an (de mi-2013 à mi-2014), le patrimoine des ménages a augmenté de 8,3 % dans le monde, pour atteindre 263 000 milliards de dollars. Les auteurs de l’étude notent que ce total « est supérieur de 20 % à son plus haut niveau d’avant la crise et supérieur de 39 % à son niveau le plus bas de 2008 », et ce alors que l’activité économique mondiale tourne au ralenti et que la zone euro stagne franchement. Le résultat est que le nombre de millionnaires en dollars augmente de manière significative (de 31 millions à 34,8 millions). Le nombre d’« ultrariches » est également en hausse : 128 000 personnes dans le monde détiennent un patrimoine supérieur à 50 millions de dollars. Dans le même temps, les inégalités montent significativement, puisque la moitié de la population mondiale détient moins de 1 % des richesses du globe, quand symétriquement les 10 % les plus aisés en possèdent 87 %.

La France abrite 2 444 000 millionnaires !

Dans le détail, l’Europe, nouvelle championne mondiale de l’austérité, voit son patrimoine progresser de 10,6 % (à 85 200 milliards de dollars). L’explication est simple : cette dynamique est la conséquence de la déconnexion entre la sphère financière et l’économie réelle. En effet, pendant que la croissance du PIB a été atone, la capitalisation boursière des grandes places européennes a augmenté de 30 %. Le Vieux Continent a également profité de l’euro fort, qui survalorise le prix des actifs en dollars. La France ne fait évidemment pas exception, puisque l’Hexagone concentre 3,2 % des « ultrariches » riches, soit 4 151 individus, et abrite 2 444 000 millionnaires. Le patrimoine total s’élève à 15,3 milliards de dollars. Tout cela alors que le chômage atteint un niveau record – en août, le Pôle emploi recensait 3,413 millions demandeurs d’emploi qui n’avaient exercé aucune activité – et que le pouvoir d’achat est en berne. Visiblement, les efforts exigés par le gouvernement ne s’appliquent pas à tout le monde.

Car c’est bien l’austérité qui est responsable de ces inégalités. Les efforts budgétaires, dont le fameux plan de 50 milliards d’euros sur la période 2015-2017, qui ne doivent épargner personne – sauf les entreprises – ont d’abord pour vocation de rassurer les marchés. Le premier ministre, Manuel Valls, en a encore donné une belle illustration la semaine dernière, où en déplacement à la City – le quartier financier londonien – il s’est efforcé d’émettre le plus de signaux positifs possible en direction des marchés, allant scander : « My government is pro-business. » De plus, le crédit compétitivité impôt, au lieu de relancer l’investissement, permet d’améliorer les dividendes. Dans le même temps, la Banque centrale européenne n’est pas non plus innocente. En accordant aux banques ce qu’elle refuse aux États : des prêts à taux très faibles (1 %), elle leur fournit des liquidités à placer sur les marchés financiers et donc de quoi faire monter artificiellement les valeurs des actifs – une part très faible servant à alimenter l’économie réelle. Au final, l’austérité se présente avant tout comme une manière d’opérer une redistribution des richesses en faveur des plus aisés, en période de faible croissance économique.

Palmarès des inégalités

Triste record pour Hong Kong, dont les 10 % les plus riches accaparent 77,5 % du patrimoine national, qui est le pays développé le plus inégalitaire. Il est suivi par les États-Unis (74,6 % des richesses pour le premier décile) et la Suisse (71,9 %). Avec 53,1 %, la France est en milieu de classement.

 

 

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