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Les Etats-Unis négocient une part du gâteau africain

 

Le président Obama a invité à Washington une cinquantaine de chefs d’Etat africains, afin de parler commerce. Il promet 12 milliards de dollars "d’investissements" en Afrique, autant de ressources et d’hommes à exploiter pour les multinationales américaines.

"Ces investissements vont approfondir l'engagement économique des Etats-Unis en Afrique, alimenter une croissance qui va soutenir la prospérité africaine et les marchés émergents pour les Etats-Unis, ce qui soutiendra l'emploi tant aux Etats-unis qu'en Afrique" explique-t-on du côté américain. Derrière ces pieuses déclarations d’intentions, il est surtout question pour Obama de croquer un bout du gâteau africain, de ses très convoitées ressources naturelles et de sa main d’œuvre bon marché avant que les autres n’emportent définitivement le morceau. Il faut dire que la Chine est arrivée sur le continent en force récemment, avec des échanges avec l’Afrique en valeur deux fois supérieurs à ceux des Etats-Unis, 200 milliards de dollars contre 110 milliards. Un volume qui a été multiplié par 20 depuis l’an 2000. La Chine construit des infrastructures, notamment pour exploiter les matières premières, et inonde l’Afrique de biens de consommation bon marché. Avec en outre la présence historique de pays européens, le Royaume Uni et la France en tête, et l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud en embuscade, les Etats-Unis se considèrent en retard.

Retard que veut combler Barack Obama en invitant les chefs d’Etat africains à une rencontre de 3 jours. Il s’est entouré pour cela de plus de 90 chefs d’entreprises américains, dont Chevron, Citigroup, Ford Motor, General Electric, Lockheed Martin, Marriott International, Morgan Stanley et Wal-Mart Stores…  "Mon conseil aux dirigeants africains est de s'assurer que si la Chine construit des routes et des ponts, d'une part ils embauchent des travailleurs africains, d'autre part que les routes ne relient pas seulement les mines au port qui permettra de rallier Shanghaï mais que les gouvernements africains aient leur mot à dire dans la façon dont ces infrastructures seront bénéfiques sur le long terme" lançait Barack Obama à The Economist. Le secrétaire d'Etat John Kerry a renchéri lundi: "Je le dis sans complexe: nous voulons et nous allons travailler dur pour que davantage d'entreprises américaines investissent en Afrique". Le message que le gouvernement américain tente lourdement de faire passer est que les Etats-Unis et ses multinationales, certes, exploiteront l’Afrique, mais plus moralement que la Chine. Par une malheureuse coïncidence, une usine d’un sous-traitant de l’américain General Motors a explosé cette semaine, faisant plus de 75 victimes et 200 blessés parmi la main-d’œuvre bon marché exploitée… en Chine.

Les chefs d'Etat africains sont également présents à Washington pour prolonger l'Agoa,  un accord de libre échange qui permet aux pays africains de ne pas payer de droits de douanes sur de nombreuses exportations. "Nous considérons qu'en approuvant une prolongation de l'Agoa, les Etats-Unis favoriseraient l'intégration, l'industrialisation et le développement des infrastructures africaines. Je suis certain que les Américains ne veulent pas manquer cette occasion", a estimé le président sud-africain Jacob Zuma en expliquant que "près de 95% des exportations sud-africaines bénéficient du régime préférentiel de l'Agoa".

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