Fédération du Rhône

Fédération du Rhône
Accueil
 
 
 
 

Une protection internationale pour le peuple palestinien !

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

 

Dans l’enclave palestinienne de Gaza se produit un massacre de masse. Un crime contre l’humanité. Contre la population de Gaza, la cinquième armée du monde, celle de l’État d’Israël, crache son feu du ciel, de la terre et de la mer, semant sur son passage la mort et les destructions. La mort partout, à chaque coin de rue. La mort d’enfants innocents, de femmes et d’hommes aux mains nues, enfermés, séquestrés, dans le territoire le plus peuplé du monde, devenu prison à ciel ouvert. Depuis le 8 juillet, le déploiement des forces militaires israéliennes est de plus en plus important. Les destructions de maisons, d’écoles, d’hôpitaux, de services administratifs s’amplifient avec des victimes toujours plus nombreuses. Cette armée d’occupation, qui s’autoproclame « la plus morale au monde », tire sur des enfants qui courent sur une plage, pilonne des ambulances, éventre hôpitaux et écoles.
Et les chancelleries du monde regardent sans rien faire de sérieux pour que s’arrête l’horreur. Certes, il y a bien des visites, des voyages, des réunions, de petites déclarations appelant à ce qu’ils nomment « la retenue », mais les États-Unis comme l’Union européenne font semblant d’être... impuissants.

Pour d’autres conflits, les mêmes haussent au moins le ton, envisagent au moins des mesures de rétorsion. Là, rien ! Aucun acte concret ! Ceci au nom d’une fausse symétrie. Or il ne peut y en avoir. Il y a dans ce conflit un occupant et un occupé. Il y a un agresseur et une résistance. L’inaction internationale a valeur de soutien à l’agresseur. Les gouvernements et l’Union européenne disposent d’outils juridiques, politiques, commerciaux pour faire entendre raison au gouvernement ultradroitier de Tel-Aviv. Le droit international existe pour agir. Qu’attendent-ils pour le faire appliquer ? L’Union européenne, qui a un accord d’association avec l’État d’Israël, pourrait, si elle en avait la volonté, s’appuyer sur son article 2 qui prévoit que, dès lors qu’un État ne respecte pas les principes fondamentaux des droits humains, l’accord peut être suspendu.

Comme ont commencé à le faire plusieurs pays européens, l’Union européenne, comme les États-Unis, devrait cesser toute collaboration commerciale, à commencer par l’interdiction d’importer des produits alimentaires et des marchandises produites dans les « colonies ». Tous devraient d’urgence cesser de fournir de l’armement militaire à ce gouvernement, et demander aux grandes entreprises qui participent d’une manière ou d’une autre à la colonisation et à l’édification du mur de cesser toute activité tant que le gouvernement israélien ne se conforme pas au droit international. Ce dernier prévoit un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale au côté d’un État israélien dont la sécurité est assurée.

Nul n’ignore que le gouvernement israélien ne veut ni de vraies négociations avec les Palestiniens, ni d’accord de paix, ni de réconciliation palestinienne, ni d’État palestinien. Assez de faux-semblants et d’hypocrisie ! Il faut contraindre les dirigeants israéliens à engager un processus de paix, avec obligation de résultats. Cela implique de sortir des arrière-pensées géopolitiques que nourrissent les pays occidentaux qui font d’Israël leur pointe avancée dans le monde arabe. Ce calcul à courte vue est à l’opposé de la recherche de la paix et de la sécurité dont ont tant besoin les deux peuples, israélien et palestinien. À l’opposé aussi d’un indispensable développement durable et harmonieux du Proche et Moyen-Orient. Croire que les armes détruiront les groupes « terroristes » est un leurre. C’est le blocus, la misère et l’humiliation qui feront se lever de nouveaux groupes intégristes, toujours plus radicalisés, qui feront peut-être demain apparaître le Hamas comme modéré aux yeux de ceux qui aujourd’hui le rendent responsable de tous les maux. En vérité, ceux qui veulent transformer le conflit en une guerre de religion tentent de tromper l’opinion. Il s’agit d’abord d’un conflit colonial et d’une lutte de libération nationale s’appuyant sur le droit international. Il y a en Israël même des forces et plusieurs personnalités éminentes qui appellent en ce moment même à l’application de ce droit.

Chacun sait bien qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit. La solution ne peut être que politique, uniquement politique. Le gouvernement de droite israélien tente de fédérer la société israélienne sur la base du nationalisme, du chauvinisme et de l’identité religieuse, alors qu’il est confronté à la montée du mécontentement de la population qui rejette l’austérité et la mise en cause des services publics, comme ailleurs. Aujourd’hui, la société israélienne vit mal. Elle supporte un effort de guerre qui handicape tous les autres secteurs d’activité. Pour autant, elle ne connaît pas la sécurité au nom de laquelle les dirigeants israéliens mènent leur politique inhumaine. Des conditions existent donc pour que l’Union européenne et les États-Unis agissent différemment. L’action des peuples rassemblés qui se manifeste partout peut les y contraindre ! Ce mouvement doit donc s’amplifier, de manière responsable et solidaire, pour obtenir d’urgence l’arrêt de l’agression militaire israélienne, celui de toutes les violences et la mise sous protection internationale du peuple palestinien.
Nombre de progressistes et d’humanistes sont tristes et écoeurés de l’attitude du gouvernement français qui rompt avec l’attitude constante de la France, prend partie pour le gouvernement ultradroitier israélien, interdit des rassemblements pour la paix. Il permet ainsi la dénaturation du combat pour la justice et la paix par des groupes extrémistes droitiers. Plus nos gouvernants parlent de l’importation du conflit sur notre territoire, plus ils l’attisent. De ce point de vue, le discours du premier ministre à l’occasion du triste anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv est un exemple de brouillage des repères et de l’histoire. Seul

L’action des peuples peut obliger l’Union Européenne et les Etats-Unis à agir différemment.

L’État français collaborant avec les nazis est responsable de cette tragédie. Pas le peuple palestinien. Pas les manifestants réclamant un État palestinien aux côtés de celui de l’État d’Israël. Vouloir faire confondre l’antisémitisme avec l’exigence du respect du droit international et la solidarité avec un peuple qui veut se libérer est un totalitarisme. Ceux du Vél’d’Hiv étaient défendus par les résistants de toute opinion politique ou religieuse.

Là encore l’indispensable lutte contre l’antisémitisme et le racisme ne peut se mener que par les rappels à l’histoire, le retour aux valeurs fondamentales de la diplomatie française, du progressisme français, avec des actes concrets pour le vivre ensemble et le respect des droits, chez nous et dans le monde.

La France pourrait proposer que se tienne en urgence à Paris une conférence internationale pour la paix et la sécurité au Proche-Orient. Notre pays s’honorerait en demandant sans délai la mise sous protection du peuple palestinien et la levée du blocus de Gaza.

Immédiatement, il devrait proposer et organiser une aide humanitaire médicale et sanitaire pour les victimes des bombardements de Gaza en commençant par les enfants. C’est tout le sens de la pétition internationale que nous lançons. La mobilisation ample, pacifique pour le droit et la justice peut en faire avancer la concrétisation!

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.