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Le crash du MH17 ouvre une crise mondiale

 

Le tir de missile contre un Boeing 777 malaisien rebat les cartes dans le conflit à l’est de l’Ukraine. Sous la pression de l’ONU et des États-Unis, la Russie et l’UE sont sommées de sortir de l’ambiguïté.

Quatre jours après la mort des 298 passagers du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu en plein ciel au-dessus de l’est de l’Ukraine, le doute est de moins en moins permis. Tout semble indiquer que ce sont bien les combattants prorusses, qui affrontent depuis plusieurs semaines l’armée ukrainienne dans l’est du pays, qui ont tiré un, voire deux missiles. Mais il n’était pas encore établi s’ils l’avaient fait à partir d’une batterie antiaérienne de type Buk, prise à l’armée ukrainienne, ou à partir « d’un système qui a été transféré de Russie », comme l’a affirmé hier le secrétaire d’État américain John Kerry. Un missile sol-air a été tiré « depuis le territoire tenu par les séparatistes prorusses », a affirmé dès le lendemain le président américain Barack Obama. En avertissant qu’« une aggravation du conflit dans l’est de l’Ukraine aura des conséquences », il a donné une dimension internationale à un conflit local de basse intensité que ni l’Union européenne ni la Russie, soucieuses de reprendre des relations normales, ne souhaitaient voir. Il a placé son homologue russe sur le banc des accusés.

Même la Chine
s’est montrée sévère

La Russie en a également pris pour son grade, le même jour, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. L’ouverture d’une enquête internationale indépendante a été réclamée à l’unanimité. « Lorsqu’on arme des voyous, on ne doit pas être surpris qu’ils se comportent comme des voyous », a déclaré Gérard Araud, ambassadeur de France aux Nations unies. Même la Chine, pourtant proche de la Russie, s’est montrée sévère. « Si l’avion a bien été abattu par un missile, les auteurs devront être traduits en justice en dépit de leurs mobiles ou de leurs excuses, car ce sera une attaque terroriste intolérable », a prévenu Pékin. Même tonalité en Malaisie, qui veut que « les responsables soient traduits en justice ». Acculé et sur la défensive, le président russe a reconnu à demi-mot sa responsabilité : « Cette tragédie n’aurait pas eu lieu si la paix avait régné dans ce pays, si les opérations militaires n’avaient pas repris dans le sud-est de l’Ukraine. » Vladimir Poutine va devoir sortir de l’ambiguïté. Soit il cesse d’armer les séparatistes et trouve un accord de paix avec Kiev, soit il laisse faire pour ne pas se mettre à dos une partie de l’opinion publique, qu’il a chauffée à blanc, et il prend alors le risque d’autres « bavures » et de se retrouver au ban des nations. L’Ukraine, elle, a désormais les coudées franches pour reprendre les villes aux mains des séparatistes et peut pousser son avantage. De son côté, l’Union européenne va devoir clarifier sa politique avec la Russie. En particulier, la France, qui va avoir du mal à justifier le maintien de la vente de deux navires de guerre Mistral aux Russes. La ligne dure des ex-pays de l’Est, qui viennent de faire barrage à la candidature de l’Italienne Federica Mogherini au poste de chef de la diplomatie européenne parce qu’ils l’ont jugée trop conciliante avec la Russie, est renforcée. Hier, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont exigé du président russe « qu’il obtienne des séparatistes ukrainiens » le « libre et total accès » à la zone du crash. « Si la Russie ne prend pas immédiatement les mesures nécessaires, les conséquences en seront tirées par l’Union européenne, à l’occasion du conseil des Affaires étrangères qui se tiendra mardi », ont-ils averti.

 

 

 

 

 

 

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