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Le maréchal Sissi, devenu président, a prêté serment

L'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, élu président de l'Egypte fin mai, est investi ce dimanche en présence des souverains du Golfe.
En dehors de quelques souverains du Golfe, le président palestinien et trois chefs d'Etats africains annoncés par les médias égyptiens officiels, peu de personnalités sont attendues à la prestation de serment devant la Cour constitutionnelle suprême au Caire dans la matinée.

Les monarchies du Golfe, à l'exception du Qatar, ont toujours exprimé un soutien sans faille -surtout financier- à Sissi pourfendeur des Frères musulmans qu'ils redoutent sur leurs territoires, seront représentées au plus haut niveau. L'Arabie saoudite est ainsi représentée par le prince héritier Salmane ben Abdel Aziz, le Koweït par l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, et Bahreïn par le roi Hamad ben Issa al-Khalifa. Le président palestinien Mahmoud Abbas doit aussi assister à la cérémonie d'investiture qui sera suivie de deux réceptions et cérémonies dans des palais présidentiels du Caire. Les présidents de l'Erythrée Issaias Afeworki, de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema et du Tchad Idriss Deby sont également annoncés.

Le maréchal à la retraite Sissi a remporté la présidentielle tenue les 26, 27 et 28 mai, mais seuls 47,5% des électeurs inscrits ont voté, l'opposition a globalement boycotté le scrutin. Le militaire reste très populaire depuis qu'il a destitué et arrêté le 3 juillet le président islamiste Mohamed Morsi et réprimé ses surtout l'influente confrérie des Frères musulmans, devenue la bête noire de nombre d'Egyptiens. Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, qui avaient hésité, avant d'y renoncer, à qualifier la destitution de Morsi de "coup d'Etat" ont fini par entériner la prise du pouvoir par l'armée. Et à se ranger à la nécessité de maintenir des relations fortes avec le plus peuplé des pays arabes, stratégique dans le processus de paix israélo-palestinien.

Le nouveau pouvoir a éliminé progressivement toute opposition: celle des Frères musulmans, mais aussi l'opposition de gauche, libérale et laïque qui s'inquiétait d'un retour à un régime policier. « Un nouveau pouvoir autoritaire et libéral se met en place qui ressemble fortement au précédent de Moubarak. » juge le PCF qui s'inquiète pour les Egyptiens. « Mais qu'en sera-t-il du peuple égyptien confronté depuis des mois à une crise sociale profonde, à la répression syndicale, à la criminalisation de tout mouvement revendicatif ? Qu'en sera-t-il des centaines de condamnés à mort, des 15000 arrestations de militants pro-Morsi et de la répression à l'égard des mouvements de la jeunesse progressiste et laïque ? Quelle sera la politique du nouveau pouvoir égyptien à l'égard des Palestiniens qui viennent de retrouver leur unité ? »
Depuis que la destitution de du président islamiste, plus de 1400 pro-Morsi ont été tués dans des manifestations, plus de 15000 Frères musulmans emprisonnés, dont la quasi-totalité de leurs leaders qui encourent la peine capitale, et des centaines ont été condamnés à mort en quelques minutes dans des procès de masse qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" de l'Humanité.

Egypte: un retour vers le passé?
Après l'élection, taillée sur mesure, d'Abdel Fatah al-Sissi, devenu Président de la République égyptienne avec 96 % des voix et 25 millions de votants sur 45 espérés, l'Egypte rentre dans une nouvelle phase de son histoire politique.
Trois ans après une révolution populaire, qui portait les exigences de pain, de liberté et de dignité, une répression brutale à l'encontre des islamistes au pouvoir déchus et discrédités, la mise à l'écart des forces progressistes et l'interdiction de plusieurs d'entre elles, l'armée égyptienne reprend la main, dans le plus grand des pays arabes.
Un nouveau pouvoir autoritaire et libéral se met en place qui ressemble fortement au précédent de Moubarak.

Les alliés traditionnels s'en sont félicités. Les Etats-Unis, d'abord, ont aussitôt exprimé « leur impatience de travailler avec le nouveau gouvernement ». L'Arabie saoudite continue d'apporter son soutien politique et financier indéfectible.
La France elle-même qui, après avoir souhaité à l'ancien chef des armées « plein succès dans sa haute mission » signe un accord de livraison de navires de guerre pour 1 milliard d'euros. Oubliée l'accusation de coup d'Etat militaire de juillet 2013.
Mais qu'en sera-t-il du peuple égyptien confronté depuis des mois à une crise sociale profonde, à la répression syndicale, à la criminalisation de tout mouvement revendicatif ? Qu'en sera-t-il des centaines de condamnés à mort, des 15000 arrestations de militants pro-Morsi et de la répression à l'égard des mouvements de la jeunesse progressiste et laïque ?
Quelle sera la politique du nouveau pouvoir égyptien à l'égard des Palestiniens qui viennent de retrouver leur unité ?

Le Parti communiste français continuera d'apporter son soutien et sa solidarité aux forces démocratiques égyptiennes, à ses militants emprisonnés dont il demande la libération. Il renouvelle sa demande auprès du gouvernement français de mettre un terme aux procédures d'expulsion de jeunes militants progressistes égyptiens.