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Intermittents : Convention Unedic, les germes d’une crise totale

Faute d’être entendus et de voir leurs propositions prises en compte, intermittents et précaires haussent le ton.
La tension monte d’un cran sur le front de la mobilisation des chômeurs, des intérimaires et des intermittents. Les tirs fusent de toutes parts alors que le Conseil national de l’emploi (CNE) s’est réuni une première fois mercredi, avant de se revoir le 18 juin, pour lancer la procédure d’agrément de l’accord sur l’assurance chômage conclu entre trois syndicats (CFDT, CFTC, FO) et les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA), le 22 mars dernier. Tous les ingrédients pour que le conflit vire à la crise ouverte, comme en 2003, sont réunis. Les signaux d’alarme adressés au gouvernement se multiplient. 90 parlementaires et élus locaux ont adressé récemment un courrier au ministre pour lui demander de ne pas signer la convention. Jeudi, 60 directeurs de théâtre, de compagnies et de festivals ont enfoncé le clou et interpellé, dans Libération, le premier ministre. Outre la dénonciation du texte, qui prévoit « une nouvelle hausse de 2 points des cotisations, le différé d’indemnisation (applicable à 48 % des intermittents, contre 9 % actuellement) et le plafonnement des salaires et des indemnités mensualisés plutôt qu’annualisés », les auteurs estiment qu’« agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation 
au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage ».
Les discordes autour de ce texte, transposé en convention le 14 mai et remanié sans l’aval de tous les syndicats, prennent désormais une tournure judiciaire. Avançant un vice de forme – l’absence de notifications et une négociation à deux vitesses « déloyale » –, la CGT s’apprête à déposer un recours juridique devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour exiger l’invalidation de l’accord.
Le « Molière de la trahison »
Ce n’est là qu’un des symptômes de la situation explosive qui gagne le milieu culturel. François Rebsamen, actuel ministre du Travail, qui avait soutenu les propositions alternatives du comité de suivi de la réforme de l’intermittence lorsqu’il était maire PS de Dijon, en a fait les frais, lundi dernier. Devant une ministre de la Culture déconfite et sous les clameurs de la salle, il se voyait décerner par plusieurs professionnels le « Molière de la trahison ». Signe annonciateur du déluge ? Le lendemain, à l’issue du vote d’une grève reconductible, plusieurs spectacles du Printemps des comédiens à Montpellier, qui ouvre le bal des festivals, étaient annulés. Si le gouvernement reste intangible dans sa volonté d’agréer la convention Unedic applicable au 1er juillet, le rapport de forces pourrait changer de camp. « La séquence est favorable. Ils sont très inquiets et les préavis de grève fusent », assure Denis Gravouil (CGT spectacle).