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Au festival de Vaulx-en-Velin, le jazz danse avec l’altérité

 

La manifestation vaudaise défend un jazz qui soigne, interpelle, réjouit.  Avec Brad Mehldau, le Théo Ceccaldi Trio conviant Joëlle Léandre, l’hommage du rappeur Napoleon à Nina Simone… Palpitant.

Depuis 1987, le festival À Vaulx Jazz relève un admirable défi : pérenniser une manifestation qui, avec autant d’humanité que de virtuosité, conjugue prise de risque artistique et esprit résolument convivial. « Notre philosophie reste la même : provoquer la rencontre entre les publics, les musiques et les artistes autour de projets et de moments festifs », rappelle Bernard Genin, maire communiste de Vaulx-en-Velin. La plupart des concerts se déroulent au centre culturel communal Charlie-Chaplin. Mais c’est hors les murs que démarre le festival, mû par le désir d’investir d’autres lieux et de sensibiliser de nouveaux publics. Lauréat du tremplin Rezzo Focal Jazz à Vienne 2013, le duo Waterbabies (22 février, Planétarium) inaugure la 27e édition, avec un hommage au second Quintet de Miles Davis, qui comprenait Wayne Shorter et Herbie Hancock.

Vainqueur du Tremplin Orléans Jazz 2011, le Théo Ceccaldi Trio (1er mars, Planétarium) invitera la sidérante improvisatrice Joëlle Léandre (notre photo), dans le sillage de leur CD commun, Can You Smile ? (chez Ayler Records/Orkhêstra), fruit incandescent d’une résidence à la Dynamo de Banlieues bleues (à Pantin). Le violoniste a fondé ce trio de cordes (violon, violoncelle, guitares), qui, enrichies de celles de Léandre (contrebasse, voix), débusquent une poésie de la caresse et du crissement, entre cris et chuchotements : illustration vertigineuse de l’audace cultivée par Thierry Serrano, directeur du festival, et son équipe.

Hors les murs aussi, le pianiste américain Brad Mehldau permet de toucher le grand public (4 mars, Auditorium de Lyon). En couverture du mensuel Jazz Magazine Jazzman de février, il publie un superbe album en duo avec le batteur Mark Guiliana (Taming The Dragon, chez Nonesuch/Warner). Revenons à Vaulx-en-Velin, pour de palpitants rendez-vous (au centre social et culturel Peyri, sur l’esplanade J.-Duclos, place du marché du Mas…), ou à Bron (centre hospitalier Le Vinatier). Le jazz soigne, apaise, interpelle, réjouit… Et régale ! Un concours de soupe (5 mars), organisé avec des associations de l’Espace Frachon, Récup’art et des habitants du quartier, sera l’occasion d’une belle découverte musicale (s’inscrire au 04 72 04 94 56).

Gospel avec La Velle, soul réinventée par Sandra Nkaké (laquelle, en outre, égayera les enfants avec la sorte de comédie musicale Fantômes, révélation de Jazz à Vienne 2013), dancefloor (Zombie Zombie, Magnetic Ensemble), blues (C. J. Chenier & The Red Hot Louisiana Band), hip-hop (A Riot Called Nina, du rappeur américain Napoleon, qui célèbre l’insoumise Nina Simone)… Le jazz que défend la manifestation rhodanienne soutient la création. Inédit, « Pablo # 1 » (18 mars) rassemble musiciens professionnels et musiciens en situation de handicap. Le jazz selon le festival vaudais danse, bras dessous bras dessous, avec l’altérité et se dresse contre l’exclusion, que celle-ci soit stylistique ou sociale.

 

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