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Osons imaginer un monde humanisé

 

Quelque cinquante intellectuels ont croisé leur critique radicale de la société actuelle et des pistes de transformation avec l’imaginaire de cinquante graphistes. Un dialogue vivifiant pour temps de crise.

Penser un monde nouveau, Les éditions de l’Humanité, 222 pages, 18 euros

«Au départ, écrit le graphiste Gérard Paris-Clavel, il y a une rencontre, celle des mots et des images, dans les pages de l’Humanité l’été dernier.» La rédaction s’était lancée dans une entreprise ambitieuse, interroger des philosophes, des sociologues, historiens, économistes ou poètes sur leur vision et leurs pistes pour transformer le monde. Une certaine appréhension, avouons-le désormais, accompagnait l’entreprise: n’y aurait-il pas des réticences à nous répondre? En deux semaines, la crainte a été balayée. Et s’est construit, chemin faisant, un dialogue fécond d’une pensée à l’autre, de la pensée au geste de l’artiste, d’une idée qui se construit à sa représentation, presque une mise en acte qu’ouvre «l’image en regard», une affiche sélectionnée par Gérard Paris-Clavel parmi les plus fortes au monde. Cette rencontre vise à un dynamisme réciproque, faire retentir au grand large les idées de transformation, redonner «de la vitalité à l’affiche politique pour qu’elle travaille à dessiner un nouvel imaginaire social».

Ce travail, devenu le socle d’un livre superbe, est désormais réuni et prend le sens d’une démarche, celle que poursuivent l’Humanité et l’Humanité Dimanche, mettre à la disposition des libres intelligences de nos lecteurs des idées émancipées de la pensée unique, du conservatisme de plomb, de la répétition satisfaite, parier sur la culture qui féconde et projette les savoirs vers l’avenir.

Nouvel horizon d’émancipation

L’entreprise, qui rencontre les préoccupations de nombreux intellectuels et d’acteurs de la vie sociale, est de salut public. La crise du capitalisme reflète un système à bout de souffle et dont la survie passe par de véritables régressions de civilisation, un gâchis amplifié des capacités humaines et de leur environnement. «Le genre humain est maltraité par le capitalisme d’aussi grave façon que l’environnement», souligne Lucien Sève lors de l’un des entretiens publiés. Les formidables révolutions scientifiques et informationnelles à l’œuvre, qui pénètrent toutes les sphères des activités humaines, sont aussi le théâtre de dévastations humaines.

Sans un nouvel horizon d’émancipation, cette insupportable contradiction peut faire émerger les pires replis, des haines et des désespoirs meurtriers, des concurrences poussées jusqu’à des antagonismes ravageurs. Ce sont donc des pierres apportées à un nouvel édifice que ces pensées qui se croisent, parfois se contredisent, des pistes ouvertes par des intellectuels de premier plan. « Ils décryptent les dérèglements de notre société, ils ouvrent des pistes de réflexion et de subversion », résume le directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, dans l’avant-propos de ce livre qui entend prolonger le sillon qu’avait creusé Jean Jaurès au premier jour de son journal. Cet ouvrage superbe est à la fois une mise à la disposition durable de ce capital d’alternatives et l’engagement de prolonger cette démarche à l’avenir.

 

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