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Partout, au même rythme, un temps pour tout, du temps pour tous

 

Après un trimestre de confusion, le constat est clair : la réforme des rythmes scolaires est inapplicable. Elle ne permet ni de lutter contre les inégalités de réussite à l’école, ni d’offrir un loisir éducatif de qualité à tous les enfants. C’est pourquoi nous demandons la suspension de la réforme et sa remise à plat, dans une véritable concertation avec tous les acteurs concernés.

Dans la commune, dans des lieux appropriés et variés, les enfants expérimentent en groupe des jeux, des sports, découvrent des œuvres artistiques, des objets, des pratiques et des savoir-faire. Bien sûr, ce vécu est complémentaire de l'école, parce que les savoirs enseignés à l'école éclairent ces expériences, et parce que celles-ci nourrissent d'exemples les connaissances transmises. Mais dans l'atelier cuisine, six œufs et de la farine sont manipulés comme des  ingrédients, pas comme des quantités proportionnelles comme à l'école... Le loisir éducatif ne peut pas se substituer à l’école.

Parce qu'animer est un métier, l'Etat doit mettre en place des diplômes et assurer des formations. Parce que tous les enfants doivent pouvoir bénéficier de ces expériences si utiles à leur développement physique et intellectuel, il faut donner aux communes les moyens nécessaires à la mise en place et au financement de ces activités, en veillant à compenser les inégalités territoriales. C'est pour cela que nous proposons la création d'un grand service public chargé de ces missions.

A l'école, tous ensemble, on se regroupe pour penser en commun la diversité des expériences, pour les interpréter et les comprendre à la lumière des savoirs enseignés. C’est l’État qui permet à chaque enfant, à égalité, de participer à la construction de cette culture commune si nécessaire à son avenir. Aujourd’hui, le service public national d’éducation laisse trop d’enfants sur le bord de la route. Mais ce n’est pas en passant moins de temps à l’école que les enfants des classes populaires réussiront mieux. Au contraire, il faut plus et mieux d’école !

A la maison, dans sa famille, avec ses amis, vient le temps du repos, de la détente et de la construction des liens affectifs intimes indispensables aux enfants. Il n'est pas normal que cet espace se transforme en antichambre ou en service après-vente de l'école, parce qu'on prive celle-ci du temps nécessaire.

Pour les élèves, à qui l'on doit rendre le temps d'étude volé sous les gouvernements de droite par la réduction des horaires. Pour parcourir sans précipitation, sans course d'obstacles, les études nécessaires à la compréhension du monde d'aujourd'hui, la scolarité obligatoire doit être étendue de 3 à 18 ans, et le temps hebdomadaire d'école assez long pour que toutes les tâches scolaires soient réalisées correctement en classe. Et l'énervement qui n’est pas la cause de l'échec scolaire mais plutôt sa conséquence, laissera place au plaisir d'avoir fait des pas en avant !

Pour les enseignants  dont une autre journée de travail commence lorsque la cloche a sonné. Journée dédiée aux préparations, à la formation, à la correction. Des temps de concertation doivent être inclus dans le service de tous les enseignants. La formation continue doit être relancée. Enfin, il faut recruter assez d'enseignants pour pouvoir augmenter le temps scolaire sans augmenter leur temps de présence devant les élèves. Pour chaque élève, il faut plus d'un maître !

Pour les animateurs, qui ne peuvent improviser leurs séances, qui ont besoin de temps pour les concevoir, pour se former, pour rencontrer les différentes parties prenantes des activités qu'ils animent. Un animateur, ce n'est pas un joker employable ou jetable en fonction du besoin de l'instant. Ils doivent pouvoir s'inscrire dans le temps long du métier à temps complet, ou réaliser un partage équitable sans s'épuiser avec le temps de leurs études.

Pour les parents, dont les conditions de travail doivent garantir le temps d'être avec leurs enfants, à leur place de parents, non de répétiteurs scolaires. Et ce n'est pas la droite qui rêve de voir les salariés au travail le dimanche et la nuit qui doit verser des larmes de crocodile aux longues dents sur les souffrances familiales engendrées par la réforme des rythmes scolaires !

Ensemble et partout, parce que chacun sait que le temps c'est aussi de l'argent, exigeons la suspension de la réforme actuelle, et la mise en place des moyens nécessaires à une éducation partagée sans confusion des rôles, visant à la démocratisation de l'enseignement et à une construction harmonieuse de la personnalité de chaque enfant.

 

Nouvelle grève des enseignants jeudi autour des rythmes scolaires

Les enseignants du primaire font de nouveau grève et manifestent jeudi 5 décembre. La dernière journée de protestation a eu lieu le 14 novembre. Dans le Rhône, elle a mobilisé entre 40 et 45 % de grévistes. Le Snuipp-Fsu est à l’origine de l’appel à la grève ce jeudi sur trois mots d’ordre : rythmes scolaires, budget, conditions de travail des enseignants. « La priorité au primaire ne peut pas se résumer à une réforme des rythmes mal pensée et contestée », relève le syndicat majoritaire. La CGT, SUD, FO se sont joints à cet appel en insistant sur la suspension de la réforme des rythmes. Comme la dernière fois, l’UNSA et le Sgen-CFDT ne participent pas au mouvement.

À Lyon, la manifestation partira à 11 h 30 de la préfecture (Lyon 3e) pour se rendre à l’inspection académique (Lyon 7e).

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