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Italie : Berlusconi fait chanceler l’exécutif italien

 

Le Cavaliere a retiré sa confiance, samedi, au gouvernement d’union nationale d’Enrico Letta. Cinq ministres berlusconiens ont démissionné. Possible scrutin anticipé. 

Le Cavaliere se transforme en général. Silvio Berlusconi déterre la hache de guerre contre le gouvernement d’union nationale. Les ministres berlusconiens ont démissionné samedi, à la veille du 77e anniversaire de leur mentor. En réponse, le président du Conseil, Enrico Letta, pourrait réclamer cette semaine un vote de confiance au Parlement. Dans la soirée d’hier, les groupes parlementaires du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi devaient
décider de leur stratégie.

Fraude fiscale

Le PDL manœuvre en vue du vendredi 4 octobre. C’est à cette date qu’une commission parlementaire doit se prononcer sur la destitution de son poste de sénateur de Silvio Berlusconi, après sa condamnation le 1er août à cinq ans de prison pour fraude fiscale.

Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord (extrême droite) et le Mouvement cinq étoiles du comique Beppe Grillo réclamaient, hier, des élections anticipées. Cette hypothèse est d’autant plus crédible que le Parti démocrate (centre gauche), dont est membre le premier ministre, a besoin de l’appoint des parlementaires de droite pour former une majorité au Sénat.

Ménager les marchés

Le président de la République, Giorgio Napolitano, qui entend ménager les marchés, a prévenu hier qu’il ne se résoudrait à un scrutin anticipé que « s’il n’y avait pas d’autres solutions ».

La droite se divise. Certaines « colombes » du PDL ont dénoncé une décision prise dans la « précipitation ». Trois ministres PDL ont annoncé qu’ils n’adhéreraient pas à la formation recréée il y a deux semaines par Berlusconi, Forza Italia. La ministre démissionnaire, Beatrice Lorenzin, qui croit Berlusconi « persécuté », a toutefois estimé que son entourage le pousse vers « une droite radicale ». Une partie de la droite ne veut pas dévier de la voie de l’austérité souhaitée par Bruxelles, et qu’elle partage avec le Parti démocrate et les centristes de Mario Monti.

C’est cette option que critique, à des fins électoralistes, Silvio Berlusconi, qui renoue à l’occasion avec les accents antifiscalistes qui ont fait son succès depuis 1994. « Je suis convaincu qu’un gouvernement de taxes n’est pas un gouvernement qui sert à notre pays », attaquait-il hier. Alors que le pouvoir d’achat stagne depuis les années 1990 et recule depuis 2008, les slogans du Cavaliere ont du succès. Et en auront d’autant plus que l’exécutif, dont le projet de budget 2014 sera examiné à Bruxelles, n’a pas repoussé, vendredi, l’augmentation de la TVA. Elle passera mardi de 21 à 22 %. Il en coûtera en moyenne, pour une famille de deux enfants, 209 euros par an.

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