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La gauche à l’épreuve municipale

 

À six mois des élections municipales, les forces en présence commencent à se disposer, les partis tracent les premières esquisses du paysage politique, définissent les limites du champ de bataille. Chacun fourbit ses armes. Occasion de désigner l’équipe qui va administrer la cité pendant six années, et de décider d’un programme de gestion qui aura des conséquences dans la vie quotidienne des foyers, ce rendez-vous démocratique est bien davantage qu’un scrutin intermédiaire permettant de mesurer l’évolution du rapport de forces entre majorité et opposition, de sanctionner le gouvernement, d’exprimer son mécontentement et ses déceptions.

Il s’agit néanmoins de la première consultation nationale depuis le changement de majorité gouvernementale du printemps 2012 et ses résultats seront lus à cette aune par les états-majors politiques. La bataille entre la droite qui a multiplié les passerelles avec le FN et les forces de gauche qui administrent la majorité des grandes villes françaises s’annonce rude. Et pourtant, le PS, qui vient d’enregistrer en interne toutes les candidatures sur lesquelles il sera appelé 
à trancher, donne ici et là le signe d’une propension à vouloir ravir des municipalités…à la gauche. Le choix des cibles et les personnalités qui s’engagent dans ce combat ne laissent pas de place au doute : on ne peut plaider la dissidence incontrôlée, quand un président de conseil général PS, dans un département aussi emblématique de la gauche que la Seine-Saint-Denis, envisage de livrer bataille contre la municipalité de gauche conduite par le maire communiste de La Courneuve, ou qu’un député choisisse comme champ de la bataille Saint-Denis, la seule ville de plus de cent mille habitants gérée par une municipalité à direction communiste. S’il allait jusqu’au bout dans cette voie, le PS jouerait contre la gauche, ce qui n’est sans doute pas ce qu’attendent les millions de Français qui ont voté pour François Hollande, le 6 mai 2012, et pas seulement ceux qui, parmi eux, avaient opté pour Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche au premier tour du scrutin.

Comment aborder l’échéance des élections municipales ? Cette question nourrit des débats au sein même du Front de gauche. Lui est-il possible de construire, sur le terrain municipal, des programmes et des alliances aux conséquences favorables pour les populations, notamment les plus modestes, avec un Parti socialiste qui, au niveau national, conduit une politique austéritaire, aux impacts négatifs dans les communes ? Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche privilégient une posture d’opposition au PS passant par la constitution de listes autonomes au moins au premier tour. Fort de son implantation et d’une longue tradition 
de gestion locale de progrès social qui a toujours été 
la marque du « communisme municipal », le PCF pense qu’il est possible, commune par commune, de bâtir 
des programmes rassemblant la gauche autour d’objectifs en contradiction avec la politique de rigueur budgétaire. Il consultera ses militants sur les choix à opérer. Ce débat, qui bat son plein au sein du Front de gauche, ne devrait pas menacer l’existence d’une force qui s’est installée 
en cinq années dans la vie politique nationale comme 
une composante durable de la gauche française.

 

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