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Marxisme : oser penser un autre monde

Les mots deviennent réversibles comme des vestes de music-hall. Voilà que le président de la République évoque le « courage » pour qualifier les mesures d’extrême austérité qu’il envisage, alors qu’elles reprodui­sent les recettes qui partout en Europe sèment la récession. En 2008, en 2009, en 2012… Les dirigeants du monde capitaliste ont annoncé la sortie de la crise, le bout du tunnel… Chaque fois, ils ont été démentis par les faits, le mal rongeant désormais les industries, les services publics et les conditions de vie de l’immense majorité des salariés. Pourtant les mêmes recettes sont à nouveau invoquées. Le Tina (There is no alternative) de Margaret Thatcher fonctionne comme une infernale roue mentale où les hamsters de l’économie capitaliste tournent sans trêve. Sans avancer d’un pouce. Et pourtant, si l’on croit François Hollande, la « torpeur », le « blocage psychologique » serait du côté de ceux qui refusent cette destinée de rongeur. Nous étions plus habitués à entendre cela dans un conclave du Medef que dans la bouche d’un homme de gauche.

Oser penser un autre monde, chercher comment le transformer, repous­ser le fatalisme du « ça a toujours été comme ça, ça le restera toujours », c’est pourtant le défi qu’ont lancé les socialistes du XIXe siècle. L’im­mense décryptage du système capitaliste auquel s’est livré Marx visait à en montrer les ressorts mutilants pour l’épanouissement de l’humanité et à chercher les voies pour passer à autre chose. Là réside le courage intellectuel. Son invitation à quitter les sentiers battus reste, cent trente ans jour pour jour après sa mort, d’une brûlante subversion, un carburant pour s’évader des impasses mortifères pour l’humanité dans lesquelles plonge le culte du profit privé, une incitation à troquer le « tous pour tous » en place du « chacun contre chacun » qui détruit les énergies. Nous nous sommes tournés vers des personnalités qui cherchent des alternatives à cette société épuisée, des économistes, des philosophes, des militants de partis politiques ou d’associations. En quoi la pensée de Marx, débar­rassée aujourd’hui des catéchismes qui l’ont brouillée, alimente-t-elle ou pas leur vision critique ?

Disons-le sans détour, l’Humanité puise toujours son inspiration du côté de Jaurès plutôt que de Clemenceau, du côté de celui qui soutenait les luttes ouvrières plutôt qu’avec celui qui les réprimait, de celui qui faisait de l’épanouissement des hommes la boussole de son action plutôt que de celui qui se voulait un tigre. « Une conséquence immédiate du fait que l’homme est rendu étranger au produit de son travail : l’homme est rendu étranger à l’homme », proclamait Marx pour dénoncer ailleurs : « Moins vous êtes, plus vous avez… Ainsi, toutes les passions et toutes les acti­vités sont englouties dans la cupidité. »

De quoi donner envie de sortir de la roue du hamster…

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