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Le PCF fait de son congrès une tribune du changement

 

À deux jours de l’ouverture du 36e Congrès des communistes, à Saint-Denis,  Pierre Laurent secrétaire national, réaffirme l’urgence d’un autre cap politique à gauche, en réfutant la confusion entre «rassemblement» et «alignement ».

Ce n’est pas à un congrès de routine que le Parti communiste convie, de jeudi à dimanche prochains, les quelque 500 invités qui prendront place aux côtés des 1 000 délégués des fédérations, aux Docks de Paris, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Son secrétaire national, Pierre Laurent, a eu l’occasion de le rappeler, hier, lors d’une ultime rencontre avec la presse avant le coup d’envoi de l’assemblée communiste. Coïncidence des dates, les Français pourront confronter les différentes conceptions en présence à gauche, puisque, alors que le PCF ouvrira, jeudi, son 36e Congrès, placé sous le signe de l’avènement d’un «communisme de nouvelle génération», le PS lancera simultanément ses «ateliers du changement», à Brest.

« Sortir la gauche de la spirale de l’échec »

 Offensive de la droite et du Medef au travers de l’accord national interprofessionnel sur l’emploi, multiplication des conflits sociaux contre les fermetures d’entreprises et les licenciements, désaccords à gauche traduisant l’existence de plusieurs orientations qui traversent parfois jusqu’aux partis gouvernementaux, angoisses et scepticisme croissants de la population mesurés par les enquêtes d’opinion… L’actualité ne manque justement pas de matière alimentant le débat en cours sur la politique à mettre en œuvre.

 L’occasion, pour Pierre Laurent, de réfuter les accusations portées contre le Front de gauche par des responsables socialistes de vouloir l’échec de la gauche au pouvoir : «Nous n’avons pas créé le Front de gauche pour dresser un camp contre un autre, mais au contraire pour sortir la gauche de la spirale de l’échec en construisant dans la durée pour la réussite d’une politique de gauche. Personne ne peut prétendre rassembler la gauche sur le mode de l’alignement. Les questions que nous posons sont celles que se posent une majorité d’électeurs qui ont voté pour François Hollande», affirme le responsable communiste, qui prend pour exemple l’exigence d’une loi contre les licenciements boursiers. Mais, pour que le gouvernement l’entende, «il faut maintenant que les citoyens qui ont voté pour la gauche montrent qu’ils sont une majorité» à exiger un changement de cap.

 Pas de «droitisation» de la société

 À ce propos, Pierre Laurent récuse l’analyse dominante d’une société en voie de «droitisation», dans laquelle il voit un prétexte pour justifier les renoncements du pouvoir : «En usant de tous les moyens à leur disposition pour chasser Nicolas Sarkozy, les Français ont fait le choix inverse d’une “droitisation”, au printemps dernier. Le sentiment majoritaire est que cela ne peut pas continuer comme cela, mais le doute sur la possibilité du changement renforce la peur de l’avenir. Quand l’espoir domine, alors la volonté de changement l’emporte.»

 Les communistes en congrès devraient donc renouveler l’appel à «la mobilisation des forces qui ont voulu ce changement, qui ne vient pas, en donnant de la visibilité à cette volonté dans l’opinion», estime Pierre Laurent. La campagne du Front de gauche pour une «alternative à l’austérité», lancée à Metz le 23 janvier, a justement pour but que «s’exprime une majorité pour modifier les orientations» de la politique actuelle, souligne le dirigeant communiste.

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