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Lettre-Info-69 du 12 juillet 2012- Discours de Danielle Lebail, secrétaire départementale du Rhône du PCF lors du rendez-vous d’été des militants mercredi 9 juillet.

Discours de Danielle Lebail, secrétaire départementale du Rhône du PCF, lors du rendez-vous d’été des militants mercredi 9 juillet.

Nous voilà de nouveau réunis pour le premier de nos rendez-vous d'été. Après 12 mois d'intense activité, deux campagnes électorales, les communistes vont prendre un repos bien mérité. Une mise au vert salutaire tout en gardant un œil vigilant sur l'actualité. C'est le sens de ces rendez-vous estivaux que de maintenir un niveau de mobilisation.

J’excuse Marie Christine Vergiat et Guy Fischer retenus par leurs mandats, l’un à Bruxelles, l’autre à Paris.

Je veux aussi de suite remercier l’ensemble des communistes pour leur engagement sans faille dans la période révolue.

Militantes, militants vous avez chacun et chacune à votre façon contribué au départ de la droite et de son représentant au plus haut niveau : le président Sarkozy. Vous pouvez en être fiers.

Le climat politique n'est plus le même. La conférence sociale convoquée par le président, le premier ministre en présence de tous les ministres concernés, veut préfigurer la nouvelle tonalité du dialogue social. La méthode est saluée par les syndicats qui se voient à nouveaux respectés et placés au centre des discussions, même si sur les faits et réformes à venir, ils restent très prudents. La médiocre augmentation du SMIC n'a pas été un signe positif notamment en direction des plus pauvres.

Devant l'avalanche des plans sociaux, JM Ayrault a rompu dans le discours avec l'impuissance de l'Etat qui avait si mal réussi à Jospin. "l'Etat ne pourra pas rester inactif" a déclaré le Premier ministre qui immédiatement a prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à de grandes annonces : "réformer, cela prend du temps" A contrario d'André Chassaigne qui lors du premier débat de la nouvelle Assemblée a souligné le caractère d'urgence devant  la dégradation de notre pays: « Cest donc bien durgence économique et sociale dont il faut parler ! Ce que les Français attendent de nous, ce nest pas de nous engager dans la spirale de la rigueur, mais dœuvrer au contraire à la relance de lactivité, de nous émanciper des approches comptables pour bâtir les instruments dune nouvelle donne économique et sociale (...) Nous ne le dirons jamais assez : nous navons pas le droit de décevoir cette espérance de changement. Nous avons une obligation de résultat. ».

Le choix des électrices et des électeurs est clair : tourner la page de la politique de Nicolas Sarkozy. Après dix ans de droite, et une présidence sarkozyste brutale et cynique au service exclusif des puissances d'argent, le peuple de France s'est libéré d'un pouvoir qui l'a méprisé et agressé pendant cinq ans.

Sur le plan de la politique européenne,  André Chassaigne a abordé « la réorientation promise de la politique européenne et les conclusions guères encourageantes du dernier sommet européen ». Il s'est élevé contre la ratification rapide par le Parlement du Pacte budgétaire européen et a estimé « indispensable que les concitoyens soient consultés par référendum ».   Nous en reparlerons mais le parti va lancer une grande bataille sur ce sujet.

S'il fallait casser le duo Sarkozy-Merkel pour tenter d'ouvrir une brèche dans les traités européens qui instaurent l'austérité à perpétuité, il est aujourd'hui urgent de relancer la possibilité d'un débat sur d'autres issues à la crise que les choix actuels ou les replis xénophobes qui nous y enfoncent inexorablement.

Cette bataille va continuer de se mener dans un climat d'urgence et d'instabilité politique. Les urgences sociales, écologiques, et démocratiques sont belles et bien là. Loin de les résoudre, les recettes en cours les aggravent. Il n'y a aucune pause dans l'offensive de la finance qui s'en prend de plus en plus ouvertement à la souveraineté des États, et plaide désormais, sous couvert de fédéralisme, pour une gouvernance bancaire et monétaire définitivement soustraite aux Etats.

Les logiques européennes actuelles doivent être combattues sous peine de passer à côté des attentes populaires et de créer de nouvelles désillusions qui ouvriraient la voie au retour d'une droite dure voire extrême.

La bataille de recomposition de la droite, en cours sous l'impulsion du Front National et de secteurs de la droite ralliés aux thèses populistes et xénophobes, est un des dangers qui menace. Nous avons la volonté de poursuivre ce combat contre ces idées racistes et xénophobes, contre ce parti antirépublicain.

Sur notre département particulièrement touché par l’activisme des identitaires un cycle de débat/formation sous la responsabilité de Raphael s’ouvrira.

L’objectif : donner les clefs de la compréhension pour gagner cette bataille.

A ce sujet je veux saluer le stage de la formation de ce week-end pour les nouveaux adhérents : 123.

Notre conférence nationale convoquée au lendemain des deux séquences électorales a validé la volonté majoritaire des adhérents d'être dans le pays comme au Parlement, une force d’action et de construction positive en s'appuyant sur l'intervention populaire, les mobilisations sociales et citoyennes. Etre au service de cette intervention pour pousser le changement, et obtenir les moyens de le réussir.

Nous n'avons pas en trois jours tirer le bilan détaillé de quasiment une année de campagne, ni trancher à la va-vite toutes les questions nouvelles qui se posent à nous. Nos analyses devront s'approfondir, nos discussions se poursuivre. Nous avons besoin d'un important travail sur les caractéristiques de la nouvelle situation politique ; les évolutions de la crise ; la nature des rapports de forces politiques issus du premier semestre 2012; les conséquences durables de la présidentialisation ; les leçons et les acquis de toutes les campagnes menées ; les enseignements et inflexions qu'il convient d'en tirer pour continuer à conduire vers de nouveaux progrès la démarche engagée avec le Front de gauche. Ce travail collectif nous mènera jusqu'au prochain congrès statutaire en février 2013.

Mais si nous voyons les difficultés rencontrées, nous voyons aussi les précieux atouts accumulés par les campagnes du Front de gauche. Elles ont permis la diffusion, l'appropriation, l'enrichissement des propositions du programme « L'humain d'abord » ; une dynamique citoyenne et populaire inédite, dont la marche pour la VIème République à la Bastille, et la réussite du meeting de Villeurbanne, ont été les symboles. Mais qui s'est aussi manifesté sous de multiples formes sur tout le territoire, comme les 250 assemblées citoyennes, les initiatives phares comme les baptêmes de place, l’initiative jeune….

Le retour ou l'entrée en politique de très nombreux jeunes, de syndicalistes, de forces sociales, intellectuelles et culturelles diverses est un atout précieux pour l’avenir si nous savons poursuivre l’engagement avec elles.

Aux législatives dans le Rhône, avec 6,2% et 38 715 voix pour un score national de 7% et 1,8 millions de voix, le Front de gauche a confirmé une progression qui l'installe comme la seconde force politique à gauche, certes en deçà des espoirs suscités par notre campagne présidentielle.

Ce résultat fait débat, surtout à cause de la perte de députés, et il est en effet paradoxal. En hausse de 3,4% et 21 252 voix sur 2007 dans le département pour une hausse nationale de 2,34% qui représente 550 000 voix, avec des scores en progrès dans 90% des circonscriptions, il ouvre de nombreuses perspectives de développement.

Mais avec plus de voix et de pourcentage, nous perdons des députés, même en réalisant dans les circonscriptions sortantes des scores de plus de 30%, en progrès dans quasiment tous les cas.

Nous avons perdu dans le Rhône notre député qui représentait un appui politique de taille et bien sur c’est une déception au regard de la belle campagne de Michelle.

Cette situation appelle une réflexion approfondie. Plusieurs explications sont citées. Notre résultat législatif est à l'évidence minoré sous l'effet de la présidentialisation. Elle s'installe dans les consciences et structure le débat politique plus fortement encore à chaque échéance. Elle favorise l'abstention aux législatives, à commencer par notre électorat le plus jeune et le plus populaire, dénature la portée de ce scrutin, encourage le parti du président et le bipartisme. Après un premier regard sur les résultats locaux nous voyons bien le fossé immense qui s’est creusé entre les citoyens et la politique, ses institutions et leur rôle. Fossé masqué par le présidentialisme.

Encore un grand défi à relever en poursuivant le travail effectué dans les quartiers ces derniers mois.

Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et obtient 5% des députés de gauche.

Malgré cette injustice criante nous avons un groupe à l'Assemblée nationale, confirmant notre place parmi les rares formations politiques qui en disposent dans les deux assemblées parlementaires. Avec notre influence dans le pays, et nos deux groupes, nous sommes une force incontournable à gauche.

Si nous avons contribué, pour la part qui est la nôtre, à la défaite de Sarkozy, il reste maintenant le plus difficile: que la gauche réussisse! Si nous avons fait le choix de ne pas aller au gouvernement, car les conditions n’étaient pas réunies, nous voulons aussi tout mettre en œuvre pour que la victoire contre Sarkozy et l'UMP réponde aux attentes populaires.

C'est le sens de nos choix à la Conférence nationale pour amplifier la démarche du Front de Gauche, en évaluant ce que nous avons fait, en multipliant la prise d’initiative des communistes et en (travaillant) à associer dans la durée toutes celles et ceux qui se sont engagés dans cette belle aventure.

Les conditions de cette réussite ne sont pas réunies, le discours- très habile- de politique générale de Ayrault l'a confirmé avec une orientation axée exclusivement sur les 60 propositions du candidat Hollande.

Bien sur si certaines mesures sont positives (l'annulation de la TVA sociale, le droit de vote des étrangers, le rétablissement du barème de l'ISF ou la fin des exonérations de charges sociales sur les heures supplémentaires, la taxation des revenus du capital) par contre, pas l'ombre d'une amorce de propositions sur les moyens qu'ils se donnent pour réussir une politique de changement.

A noter aussi que sur les propositions annoncées on peut distinguer celles qui sont programmées (le mariage gays et lesbiennes, le vote des résidents étrangers), et les autres, non datées qui concernent le social ou par exemple le rattrapage de la taxation du capital au même niveau que le travail.

Mais il y a pire, c'est l'appel à ratifier le pacte budgétaire européen qui est lourd de conséquences. Ainsi que le décrit Pierre dans sa déclaration après le discours de Jean Marc Ayrault, ce « sera le principal obstacle à la souveraineté nationale et aux changements voulus par les Français, le Premier ministre sera vite conduit à jeter le gant dans le combat à mener contre les marchés financiers, les institutions bancaires et une Troïka européenne plus éloignés que jamais des intérêts populaires. », et de conclure : « la confiance se fonde sur les actes, et c'est aux actes que celles et ceux qui ont porté la gauche au pouvoir jugeront.

Attentifs à l'appel à mobilisation du Premier ministre, nous jouerons pour notre part tout notre rôle pour que les aspirations au changement formulées par les Français-es deviennent réalité ».

Nous entrons véritablement dans un nouveau cycle, avec devant nous une année 2013 sans élections. Occasion de consacrer du temps au parti et à soigner nos rapports aux gens en termes de contenus et de formes.

Je vous propose que nous prenions le temps de regarder les deux échéances qui sont devant nous : D'une part il y a l'été qui sera chargé avec la session parlementaire, les premières mesures gouvernementales, l'Europe sans parler de la Syrie et de ce qui se passe au Mali.

Dans cette période où tous les camarades aspirent à souffler, on vous propose le maintien d’une activité sous deux axes principaux :

  • La pétition adressée à Hollande portant 5 propositions pour réussir à gauche.
  • Avec une ou deux initiatives visibles, attractives, communicables, réalisables à un petit nombre, mais qui peuvent occuper l’actualité dans une période creuse pour les journalistes.
  • Participer aux journées d’été du Front de Gauche les 25 et 26 août à Grenoble et à l’université d’été des 31 août au 2 septembre aux Karellis en Savoie.

Et nous allons tout faire pour le donner à voir les 14, 15 et 16 septembre à la prochaine Fête de l’Humanité. Elle va constituer un événement déterminant de débats et d’actions pour que la gauche réponde aux espoirs qui viennent de se lever. Sa préparation avec la diffusion du bon de soutien et sa tenue vont participer d’une dynamique populaire, sociale et culturelle. Bien entendu la fédération du Rhône renouvellera sa présence avec son restaurant gastronomique. Sous la houlette de Raymond Combaz et de la commission l'organisation se met en place.

Notre objectif de diffusion de la vignette a été rehaussé à 800, tenant compte des relations nouvelles nouées au cours de cette année de campagne électorale qui sont autant de possibilités de recruter des participants à la fête – voir modalité auprès de Raymond – et de faire soutenir le journal l'Humanité le quotidien du Front de Gauche.

A cette occasion sera lancée en grand une campagne pour interpeller François Hollande sur les grandes mesures à prendre pour réussir à gauche. Une campagne que nous pourrions décliner sur une carte postale pétition adressée à Hollande avec un talon détachable pour le renforcement. Marquer le lancement de la campagne européenne d’initiative citoyenne autour de la proposition du PGE.

 

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