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Intervention de Raymond Combaz, responsable départemental et secrétaire de la section de Givors, lors de l’hommage rendu aux 9 camarades assassinés le 8 févier 1962 au métro Charonne à Paris

Intervention de Raymond Combaz, responsable départemental et secrétaire de la section de Givors, lors de l’hommage rendu aux 9 camarades assassinés le 8 févier 1962 au métro Charonne à Paris.

Cher camarades, chers amis, mesdames et messieurs je vous remercie de votre présence, malgré la température en dessous de zéro. J’excuse : Marial Passi Conseiller général, maire de Givors , Daniel Royer élu de Grigny malades, Christiane Charnay, Béatrice Rollat , Angèle Massala élues ,retenues par d’autres obligations …… Nous sommes réunis ce soir…( a l’initiative des Communistes et des élus Givors-Grigny, soutenus par le P.G, les Maires de Givors et de Grigny, l’A.P. C.A, l’UL CGT, EELV)…. pour , ne pas oublier et rendre hommage aux 9 camarades assassinés le 8 févier 1962 au métro Charonne à Paris. C’était le 8 février 1962, il y a cinquante ans : Le préfet de police Maurice Papon, avait ordonné de réprimer par la force la manifestation pacifique pour la paix en l’Algérie, et contre les attentats terroristes de l’OAS. Cet événement a marqué durablement le mouvement ouvrier, et nous renvoie à des exigences toujours d’actualité : le combat pour la paix, le refus des guerres coloniales, la vigilance face à l’extrême droite. Papon n’eut aucun scrupule le 8 février 1962, pas plus que le 17 octobre 1961 quand la police parisienne qu’il dirigeait avait massacré, torturé et noyé dans la Seine des centaines d’Algériens venus manifester pacifiquement pour l’indépendance de leur pays. Le rendez-vous était place de la Bastille, mais après avoir bloqué tous les accès à la place aux soixante mille manifestants qui formaient plusieurs cortèges boulevard Beaumarchais, boulevard Voltaire et dans les rues adjacentes en criant “OAS, assassins”, “Unis contre le fascisme”, “Paix en Algérie” et qui avaient fini par se regrouper à la station de métro Charonne, la police chargea sans préavis et avec une violence inouïe. Il y eut huit morts, tués sur le coup (les matraques dont disposaient les policiers mesuraient un mètre) ou décédés quelques jours plus tard à l’hôpital, le neuvième mourut après trois mois d’agonie. Ils étaient tous inscrits à la CGT, et pour huit d’entre eux au PCF. Il faut répéter, année après année, les noms de nos morts : Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire Daniel Féry, 16 ans, apprenti Anne-Claude Godeau, 24 ans, employée PTT Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier Suzanne Martorell, 36 ans, employée à L'Humanité Hippolyte Pina, 58 ans, maçon Maurice Pochard 48 ans (décédé à l'hôpital), Raymond Wintgens, 44 ans, typographe Ces hommes et ces femmes ne devaient pas mourir, leurs noms ne doivent pas disparaître. Un million de personnes accompagnèrent, cinq jours plus tard, les cercueils jusqu’au cimetière du Père Lachaise, au pied du mur contre lequel, en mai 1871, moins de deux mois après la proclamation de la Commune, des milliers de Parisiens avaient été tués par les troupes à la solde de la réaction. Les travaux des historiens nous l’ont appris, depuis : les policiers n’ont pas chargé par hasard et ce n’était pas pour répondre à de soi-disant provocations. Mais l’Etat garde le secret depuis 1962 et refuse de reconnaître ce qui est bel et bien son crime. Tous ceux qui n’ont pas oublié les morts de Charonne demandent encore à l’Etat français de reconsidérer ses mensonges. En une période où le besoin de mémoire est si fort dans la société française, et où est légitimement revendiquée une exigence de vérité, en particulier sur les deux moments clefs de notre histoire nationale récente que sont l’Occupation et les guerres coloniales, il n’est pas inutile de se souvenir de Charonne. Il faut veiller car comme le disait le grand dramaturge allemand Bertolt Brecht dans sa lutte contre la montée du fascisme, Car le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde... Comme vous j’ai entendu ce matin la déclaration de Bruno Gollnisch un des responsables du FN qui venait au secours et soutenait les déclarations immondes du ministre de l’intérieure Géant au sujet des " civilisations dites inférieur "

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